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La finale
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Duel de natation aux JO, court métrage IA
La relève est un court métrage de 1 min 48 entièrement généré par intelligence artificielle, tourné dans une finale olympique qui n'a jamais eu lieu.
Dans un vestiaire, un nageur vétéran serre la main d'un jeune adversaire. Les deux portent le même survêtement blanc, le même coq sur la poitrine. Ils marchent ensemble vers le bassin, prennent la ligne d'eau l'un à côté de l'autre, et partent au même signal devant un public qui n'attend qu'une chose : qu'un Français touche le mur en premier.
Le film oppose Stéphane Delgado à Léon Marchand. C'est une fiction, un fantasme de nageur du dimanche mis en images, pas la reconstitution d'une course réelle.
La natation est le sujet le plus difficile que j'aie mis en scène jusqu'ici. Un corps dans l'eau flotte, pousse, remonte. Un modèle génératif ne calcule rien de tout ça : il fabrique une image plausible, pas une simulation.
Le premier problème, c'est la gravité. Les modèles la traitent comme une option. Un nageur qui plonge redescend trop lentement, ou reste suspendu deux images de trop. En papillon, le buste doit retomber lourdement dans l'eau ; quand il flotte, la scène perd d'un coup toute sa masse et rien ne la rattrape au montage.
Le deuxième, c'est l'orientation. Sous l'eau, il n'y a plus d'horizon ni de sol pour caler le modèle. Il retourne les corps, inverse le sens de nage d'un plan à l'autre, fait partir un nageur vers la droite alors que le plan précédent allait vers la gauche. Sur un duel où deux hommes doivent parcourir la même ligne d'eau dans le même sens, chaque erreur d'axe élimine le plan.
S'ajoute la physique de l'eau elle-même. L'écume n'a pas la bonne inertie, les bulles montent de travers, une vague traverse la ligne d'eau sans la faire bouger. Le spectateur ne saura pas nommer le défaut, mais il le voit, et il décroche.
Ce qui a marché : produire beaucoup, jeter beaucoup, couper court. Sur ces 1 min 48, la grande majorité des plans générés est partie à la corbeille, et ceux que j'ai gardés dépassent rarement deux secondes, parce que le décrochage arrive presque toujours après. Le split screen sert aussi à ça : deux demi-images tiennent l'écran plus longtemps qu'une seule.
Le niveau monte vite, cela dit. Il y a six mois, deux secondes de nage crédibles n'étaient pas atteignables, et plusieurs plans de ce film sont sortis presque utilisables du premier coup. Ce qui bloque encore, c'est la durée et le raccord, pas la beauté de l'image.
Un plan sur la timeline vaut mieux qu'un long discours sur la méthode. Voici le projet de montage du film, tel qu'il se présentait à la fin.
Voir en grand
Chaque vignette est un plan généré à part et porte le numéro de la génération dont il sort : 12, 20, 24, 25, 26, 29, 35, 37. Les numéros manquants sont les plans jetés, et ils sont largement majoritaires. En dessous, une bande son épique court sur toute la durée, avec des effets posés au coup par coup sur les plongeons et les virages. Les trois pistes du haut portent le titre et les mentions de fin.
Images extraites du master, un plan par séquence. Cliquez pour agrandir.
Les notions mobilisées sur ce film sont détaillées une par une, avec les pièges rencontrés en production.
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